Le Père Oblitéré … Chronique antillaise d’une illusion
5 juin 2009 par admin
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Les pères sont irresponsables « , » Ah, le père ! « …
Discours féminin qui débouche sur un mécanisme d’exclusion : » L’enfant, c’est l’affaire de la femme antillaise « .
Une affaire de femmes… Tel une Mère gigogne, le contenant socio-culturel antillais porte dans une interminable gestion la cellule mère-enfant. Du père, il y a, en tant que fonction psychologique qui vient séparer l’enfant de sa mère et lui permet d’accéder au registre du symbolique.
Mais, se trouve-t-il là où on est en droit de l’attendre légitimement, c’est-à-dire en la personne réelle du père. Si c’est la mère qui fait exister le père pour l’enfant à travers ce qu’elle dit de lui, quelle place occupe-t-il donc déjà dans la psyché maternelle ?
Livia Lesel tente d’appréhender, au-delà du discours, les modalités intra-psychiques de la mère antillaise.
Le père – la figure de l’ombre – reste oblitéré par la toute-puissance de la Mère… En approchant au plus près la relation mère-fille, elle met en outre en évidence ce qui, de même, se répète à travers des générations de filles et de mères, ainsi que les modalités d’une transmission par la donation dans la lignée maternelle.
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Peau noire, masques blancs
22 mai 2009 par admin
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Peau noire, masques blancs est un ouvrage publié par Frantz Fanon en 1952.
L’ouvrage s’ouvre sur une citation d’Aimé Césaire (Discours sur le colonialisme). Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme.
Il s’agit de faire une analyse, d’un point de vue psychologique de ce que le colonialisme a laissé en héritage à l’humanité, et ceci en partant du rapport entre le Noir et le Blanc. C’est tout un jeu de définitions qui se font par différenciation, et pour cela le premier chapitre pose des bases de linguistique.
Extraits
« Les trois premiers chapitres s’occupent du nègre moderne. Je prends le Noir actuel et j’essaie de déterminer ses attitudes dans le monde blanc. Les deux derniers sont consacrés à une tentative d’explication psychopathologique et philosophique de l’exister du nègre.
L’analyse est surtout régressive.
Les quatrième et cinquième chapitres se situent sur un plan essentiellement différent.
Au quatrième chapitre, je critique un travail (O. Mannoni, 1950) qui, à mon avis, est dangereux. L’auteur, M. Mannoni, est d’ailleurs conscient de l’ambiguïté de sa position. C’est peut-être là un des mérites de son témoignage. Il a essayé de rendre compte d’une situation. Nous avons le droit de nous déclarer insatisfait. Nous avons le devoir de montrer à l’auteur en quoi nous nous écartons de lui.
Le cinquième chapitre, que j’ai intitulé «L’expérience vécue du Noir», est important à plus d’un titre. Il montre le nègre en face de sa race. On s’apercevra qu’il n’y a rien de commun entre le nègre de ce chapitre et celui qui cherche à coucher avec la Blanche. On retrouvait chez ce dernier un désir d’être Blanc. Une soif de vengeance, en tout cas. – Ici, au contraire, nous assistons aux efforts désespérés d’un nègre qui s’acharne à découvrir le sens de l’identité noire. La civilisation blanche, la culture européenne ont imposé au Noir une déviation existentielle. Nous montrerons ailleurs que souvent ce qu’on appelle l’âme noire est une construction du Blanc.
Le Noir évolué, esclave du mythe nègre, spontané, cosmique, sent à un moment donné que sa race ne le comprend plus.
Oui, qu’il ne la comprend plus.
Alors il s’en félicite et, développant cette différence, cette incompréhension, cette désharmonie, il y trouve le sens de sa véritable humanité… »
femme nue , femme noire ! mais femme libre?
22 mai 2009 par admin
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Femme nue, femme noire ! Mais femme libre ? 
Le livre érotique de Calixthe Beyala
Femme nue, femme noire, un livre érotique écrit par Calixthe Beyala ! Première nouvelle ! Pourquoi ? Simple prétexte pour évoquer encore une fois un thème cher à l’auteur camerounais. Des mots crus et du sexe pour dire l’éternel combat de la femme pour plus de liberté.
De prime abord, Femme nue, femme noire n’est rien d’autre qu’un livre érotique dont les mots et les situations ne cesseront de vous agresser voire même de vous choquer. A vous de lire entre les lignes ! Car le sexe n’est ici qu’un prétexte pour parler de liberté. Celle d’une femme, Irène Fofo, qui trouve dans une débauche de sexe une façon de conquérir sa liberté. Y arrivera-t-elle ? A vous de le découvrir. La dernière œuvre de Calixthe Beyala est quelque peu déroutante. Mais au final, vous vous apercevrez que l’auteur camerounais développe encore une fois l’un de ses thèmes privilégiés : l’émancipation de la femme.
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FEMMES-AUTEURS DES ANTILLES
22 mai 2009 par admin
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Les Guadeloupéennes Gisèle Pineau, Maryse Condé et Simone Schwarz-Bart; la HaïtienneMarie-Thérèse Colimon; les Hispanophones Ana Lydia Vega(Porto-Rico) et Nancy Morejean (Cuba); la Martiniquaise Suzanne Dracius-Pinalie , etc. Une liste non exhaustive (il ne s’agit pas d’un palmarès), des vocations créatrices antillaises qui s’expriment par l’écriture. Pour développer un regard critique sur la société.
Permanences et perceptions nouvelles
voici un article sur la femme noire écrit par Cikuru Batumike
Elles vivent dans des îles, qui, sur le plan géographique, ont des caractéristiques communes quant à leur exiguité. Des pays aux similitudes de contraintes ou de potentialités du développement économique évidentes. Des similitudes qu’on retrouve sur le plan culturel tant ces femmes-auteurs sont héritières d’un passé, d’un patrimoine ou de situations marquées par des lieux communs recensés dans la topique. Inscrits dans la perspective d’une mise en valeur de leur moi avant de se situer, en tant qu’Antillaises, dans le monde. Leurs textes sont des « écrits dans une suite diachronique où se côtoient permanences et perceptions nouvelles » (Régis Antoine).
Et pour cause !
Permanence de l’identité culturelle. Parce qu’il n’y a pas de peuple sans culture (dictait l’Ethnologue Lévi-Strauss). Parce que la culture antillaise est à chercher autour de son peuple. Dans ses énigmes, ses chansons populaires, les proverbes de la tradition orale, inspirés des personnages, des époques, des réalités, de l’imaginaire des univers avec forces images d’une Afrique, continent des origines voire de référence et point de fixation d’un certain état de conscience noire. En effet, cette culture garde des liens quelque part là-bas. Elle ne vient pas de nulle part. Et Aimé Césaire de nous indiquer d’où exactement: « L’Afrique ne signifie pas seulement pour nous un élargissement vers l’ailleurs, mais aussi approfondissement de nous-mêmes. »
Permanence des conditions qui ont marqué l’histoire des Antilles (déportation, esclavagisme, révolution branchée sur la France, massacres, racisme, oppression et autres émancipation des Noirs). A la faveur de deux siècles et demi d’esclavage. Condamné à une abolition inexorable, mais à la mémoire jamais éteinte.
Perceptions nouvelles ,enfin, dans un espace social qui n’est plus à définir. Certes, il y a eu un passé fragment de souffrances. Jadis, les îles d’Amérique découvertes ont déclenché le mouvement de la traite des Noirs sous forme d’esclaves enchaînés, amenés pour peupler les « nouvelles terres ». Et servir de machines pour la production du café, de la canne à sucre et du tabac. Mais, aujourd’hui les temps ne sont plus aux préoccupations d’ordre racial, aux mouvements de protestation systématique et de revendication de la dignité,mais au regard qu’il importe de porter sur le futur et le monde.
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femme noire
22 mai 2009 par admin
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Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au coeur de l’Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais
lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du
Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée
Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux
flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta
peau.
Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire
A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains
de tes yeux.
Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les
racines de la vie.
Léopold Sédar Senghor
Extrait de
» Oeuvres Poétiques »
Le Seuil



